Kilomètre 2397, Norvège

Pour moi, traverser une frontière, c’est à chaque fois Noël. Espérer, Recevoir un cadeau, le découvrir, s’émerveiller… et parfois se lasser.
Quand on arrive dans une nouvelle entreprise, on demande parfois de faire un rapport d’étonnement.
On espère, on reçoit, on decouvre, on s’émerveille… et parfois on se lasse.
Non je rigole, le parallèle n’est pas parfait, mais vous savez, face à une nouveauté, on voit, on ressent des choses qui nous paraîtront normales, à peine quelques jours plus tard.

Je me prête une nouvelle fois au jeu du cadeau reçu en passant la frontière de la Norvège. Loin de moi l’idée de juger un pays, un peuple, il s’agit juste de se laisser surprendre, observer, s’émerveiller… à hauteur de roue. Des découvertes qui mériteront ensuite d’être étayées par des statistiques et des faits.
Ce qui me frappe d’emblée en passant la frontière finlando-norvegienne, c’est l’état des routes qui s’améliore, le parc automobile qui rajeuni et monte en gamme, mais aussi le sens du détail des infrastructures et des glissières de sécurité qui s’étalent sur des kilomètres et des kilométres.
Sur la route, la vitesse diminue, notamment quand une voiture ou un camion Norvégien me double. On est assez loin du pragmatique, « ça passe », des conducteurs qui me frôlaient à vive allure en Finlande.
Je suis devenu un expert. Je peux deviner la plaque minéralogique au son du véhicule en approche dans mon dos.
Lent, doux et éloigné, sur la voie de gauche : Norvégien. Son proche, allure rapide : Finlandais. Et entre deux, à cheval sur les deux voies et à allure modérée : Allemand.
Bien évidemment mon étude est loin d’être scientifique, mais je commence à avoir l’oreille musicienne.

Bref, la Norvège paraît instantanément comme une petite Suisse du Grand Nord. La manne pétrolière, abondante depuis les années 70, est sans doute responsable le la transformation de ce pays qui a connu une « émigration de la faim » au XIX ème siècle.
Ce qui me frappe aussi très vite, c’est une forme de repli sur sa propriété privée. Je vois se multiplier les barrières, parfois rouges et blanches, qui interdisent l’accès à certains chemins, des grillages qui ne servent pas qu’à canaliser les rennes Et les panneaux « propriété privée » et « voie privée » qui fleurissent… même en pleine forêt.

Cela m’avait marqué en 2024 lors de mon voyage à pied de Gibraltar au Cap Nord, cela me saute à nouveau aux yeux.
Pourtant la Finlande comme la Norvège partagent une loi très similaire de libre accès à la nature, l’Allemannsretten en Norvège, le Jokamiehenoikeus en Finlande.
La géographie joue-t-elle un rôle sur le caractère d’un peuple ? Façonne-t-elle un pays ?
Là encore, en quelques kilomètres je passe des paysages, jolis, paisibles et monotones, des interminables forêts de sapins et de bouleaux, à une mâchoire de Viking.

D’imposants massifs émergent, rudes, abrupts, encore partiellement enneigés en plein cœur de l’été.
L’ensemble du pays est désormais irrigué par d’importantes infrastructures modernes, notamment une route côtière, achevée dans les années 90, Mais cela reste récent, trop récent sans doute, pour effacer le profond sentiment d’isolement qu’ont dû vivre les Norvégiens dans leurs villages reculés.
Dans quelque temps, immergé dans mon nouveau pays tout cela me semblera tout simplement normal…
L’Homme s’habitue à tout, même au beau, comme un enfant trop gâté à Noël, qui finit par se détourner de ses cadeaux.
J’espère l’océan, je le reçois en cadeau, je le redécouvre, je m’émerveille. J’ai de l’eau dans les yeux, pourtant il ne pleut pas. La vitesse peut-être ?
J’ai retrouvé le cadeau dont jamais je me détourne, dont jamais je me lasse.

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Tout semble paisible et frais !!!
Et le moral est il identique….
Amitiés
Le moral est bon, surtout quand le soleil brille et que ça descend 🤣