
Depuis Moissac, je marche depuis 2 heures le long du canal latéral à la Garonne, content de cette « journée de repos » de 18 km seulement qui doit me conduire à Auvilar… quand je reçois une nouvelle familiale qui me propulse, toute affaire cessante, à Clermont-Ferrand… puis vers Porto.
5 jours et 3 000 km de voiture plus tard me voilà de nouveau en chemin, un peu plus loin.
Troublant voyage vers Porto à 120 km/h, longeant je chemin que je m’apprête à emprunter à 5 km/h.

… Puis repartant, tel un élastique trop tendu… vers le point de départ… Clermont-Ferrand.
Contre choc culturel violent, que j’aspire à gommer par un retour aux doux gazouillis des oiseaux.
Au pied du Blablabus qui m’a amené à Pau, je redémarre et très vite je me perds dans les hautes herbes des chemins qui longent le Gave de Pau. Je dois un temps retourner sur mes pas. Ça ne passe plus, le niveau de l’eau est trop haut.

Je termine harrassé à Arthez de Béarn et magnifiquement accueilli par Nathalie et Andreas au gîte Colibri.

Arthez de Béarn que j’avais quitté il y a 10 ans, grouillant de monde qui se pressaient dans les nombreux commerces florissants, n’est plus que l’ombre de lui même. Beaucoup de rideaux sont tirés. Ville morte…. agonisante. Tuée par qui ? L’essort de la vente à distance ? L’arrivée à la retraite de familles dont les enfants ont refusé de prendre la suite ?
Ce matin, un bonheur m’envahit. J’ai retrouvé le chemin. Chaque départ est le début d’une nouvelle vie. J’en aurai vécu des vies !
De nouveau plus ouvert, je me surprends à échanger avec tous les pèlerins. Je prends plaisir à ce contact là.
… Deborah, une jeune Française, partie pour un mois… sans itinéraire fixé ;
…. 2 couples qui marchent une semaine jusqu’à St Jean Pied de Port ;
… Un frère et sa sœur qui cheminement avec leur tante.
Je les retrouve dans endroit que certains trouveraient un peu « folklorique ».
Jeff, le patron, ongles vernis noirs ecaillés, nous reçoit, en jupe arc en ciel. Son débardeur noir laisse apparaître une magnifique sirène sur le biceps.
Son gîte/bar/snack est un vaste foutoire. La vaisselle des services précédents trône sur toutes les tables. Heureusement il fait beau. Nous déjeunons dehors.

Ici, la couleur est affichée, il faut voter Mélanchon. La révolution est pour bientôt… poing levé !
Passé cette étonnante entrée en matière, nous faisons la connaissance d’un homme qui met un point d’honneur à accueillir chacun comme une personne et non comme un client. Il se bat avec ses collègues pour qu’ils gardent, eux aussi, une place pour le pèlerin qui arrive tard, sans avoir réservé. Un cohérence à toute épreuve !
Belle pause déjeuner… merci !

Nota : Citation des établissements non sponsorisé.
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