Un train de pèlerins

Étape 3 : Salas – Tineo 20 km

7 h 00 sonne au clocher. Je devrais être habitué, mais une fois encore, je suis surpris, il fait nuit noire. Les jours raccourcissent vite et je me dirige vers l’ouest. Rien de très surprenant.

Après le petit déjeuner, je prends ma place dans le train des pèlerins. Il y a une heure pour ça. Ici c’est 8 h 00.

Une longue file indienne quitte Salas en direction de Tineo.

Dès la première côte, le convoi s’étire pour ne former plus qu’une succession de wagons isolés.

Je me retrouve bientôt seul au milieu de la forêt.

Les châtaigniers me canardent de leurs bogues. La casquette est de rigueur, ça pique !

Étonnamment en ce troisième jour, le chemin est toujours aussi silencieux. Je retrouve bien quelques connaissances, mais nous parlons presque à voix basse, comme lorsque l’on arrive en retard à la messe.

Le chemin, une célébration ?
Ça m’en a tout l’air… ou bien est-ce la fatigue du fameux troisième jour.

Les 20 kilomètres de l’étape, quasiment montante tout du long, promettent de faire des dégâts.

Nous cheminons sous une voûte de chênes, de noisetiers… et de châtaigniers qui filtrent les rayons, finalement doux en cette arrière saison.

En haut d’une belle côte, une douce musique s’échappe d’un jardin, une aire de repos privée… un bar au black, quoi.

« Never miss an opportunity »… me lance un pélerin qui s’y précipite.

Il est vrai que les « coups à boire » se font rares sur le Camino Primitivo. En fait il y a juste ce qu’il faut, mais il ne faut pas rater un pit stop.

Un garage, deux thermos de café, une glacière, quelques gâteaux, un gros stock de gobelets et… un pot en verre avec quelques billets de cinq euros de dedans, pour tenter de faire gonfler le « donativo ».

Le tenacier sert le café, moins pour l’accueil que pour justifier la plus value… et veiller sur son pot.

Dans le jardin, sur des bancs branlants faits de palettes, quatres pèlerins, assis bien droit, se reposent en silence.

Là encore, pas un bruit, pas une discussion.

Ce chemin est vraiment tout en sobriété, bien loin de la profusion, des excès, du Camino Francès.

Je chemine sur un chemin… à taille humaine, un chemin de rien.

Au loin le relief se redresse comme pour nous rappeler que nous n’en sommes encore qu’à l’entrée.

Le plat de résistance arrive…

Décidément il est bien serein ce retour aux sources.

Vous avez raté le début ? Vous pouvez retrouver toutes les étapes depuis Oviedo en cliquant sur le lien  Camino Primitivo


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