Kilomètre 961, Suède

Je dois bien avouer que la fatigue domine cette première quinzaine, cet « échauffement », même si j’arrive à enchaîner des journées de près de 90 km avec plus de 300 mètres de dénivelé, pour aller prendre le bateau à Stockholm pour Helsinki. J’avais sur estimé mon niveau.
Les pauses sont plus fréquentes, interminables dans les vingt derniers kilomètres de chaque étape.
Mon œil droit cligne tout seul, signe d’une fatigue avancée. Heureusement, dans deux jours, je vais pouvoir lever le pied, deux jours sans vraiment pédaler. Flâner dans les rues de Stockholm, naviguer vers la Finlande, découvrir Helsinki. Tout un programme.
Cet après-midi, je me projette sur l’après Helsinki.
Pédaler « En roue libre », oui ! … mais dans quelle direction ? Jusqu’où ?
Allongé, c’est toujours plus facile d’avoir des rêves. En général ils s’évanouissent dès que je retrouve la position verticale.

Alors, les rêves vont du « vœu pieux » : Aller tourner au Cap Nord, un peu comme un revival de mon voyage à pied à travers l’Europe… et revenir à Flensburg pour être à l’heure pour le bus et surtout pour les vacances en famille.

Une autre option serait de remonter la Finlande par les lacs de Saimaa, le parc de Koli, puis retour au plus court à Flensburg via Göteborg. Cette option a le désavantage d’ignorer la Norvège, ce qui ne ressemble plus trop à un tour de la Scandinavie.

Une dernière option me ferait aller tourner à Trondheim en Norvège… mais avec des dénivelés trop importants pour ma condition du moment.
Des options allant de 4 000 à près de 6 000 km, avec des possibilités de choisir un tracé plutôt qu’un autre à quelques moments clés. C’est flexible.
À l’occasion de ce voyage, je découvre que j’ai besoin d’un cadre, d’un but à atteindre. Pédaler pour pédaler n’est pas suffisant pour moi. Peut-être que je n’aime tout simplement pas assez le vélo pour ça. « Tout le malheur des hommes vient de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. » écrivait Blaise Pascal
Qu’est-ce ce qui me pousse à me mettre en mouvement ? Certains diront « la rencontre », d’autres « me rendre utile », d’autres encore diront « découvrir le monde ». Pour moi aucun des trois, juste l’irrepressible nécessité de prendre l’air, seul. Du repos animé… et loin. Une autre interprétation de la citation de Blaise Pascal. Bref…
Tracer son chemin, c’est décider.
On dit souvent que décider, c’est renoncer… mais je découvre que décider comporte bien d’autres éléments essentiels… certes, il y a l’objectif, ce que l’on souhaite obtenir, mais surtout quelles ressources on possède.
Aujourd’hui, j’en prends conscience dans mes muscles et mes raideurs… bien loin, très loin, des projections des tableaux Excel.
Vouloir, décréter, ne fait pas un résultat à lui tout seul.
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Nous sommes sur le GR8 entre Saint Nazaire et La Tranche su Mer cela doit vous rappeler des souvenirs de 2022 le Cap Nord etait encore tres loin. Bon courage et bonne baĺlade.
Ah oui, vraiment de bons souvenirs.
Bon chemin !
Christophe