Roue libre… premier essai

7 heures sonnent en ce dimanche matin. Je piaffe d’impatience sans vraiment savoir ce qui m’attend.

« Ça ne s’oublie pas le vélo » me disent mes amis pour me rassurer.

C’est vrai, mais ça fait vraiment longtemps que je n’ai pas chevauché deux cerceaux à l’équilibre précaire. Et c’est la première fois que mon vélo prend un tel embonpoint, avec ses sacoches XXL.

Une longue piste cyclable m’exfiltre de Clermont-Ferrand.

Je mets pied à terre au sommet d’une petite bosse. Je ne peux detacher mes yeux de la Chaine des Puys teintée de rose, pour quelques instants encore.

Un cycliste s’arrête, il semble déguisé comme s’il courait le tour de France, mais en fait non, il fait juste son petit tour dominical, sa messe à lui.

Laurent m’invite à rouler quelques kilomètres avec lui et très vite des connections se font. Il me partage sans retenue sa maladie qui le clouait au lit et ce documentaire qui l’a aspiré sur le chemin de St Jacques de Compostelle. Un besoin irrépressible. La mise en mouvement l’a sauvé mentalement et physiquement.

Nous nous confions comme jamais, comme si nous devions jamais nous revoir. Une vraie discussion de chemin de St Jacques.

Nous nous séparons peu après Billom. Mon calvaire commence.
J’ai taillé l’itinéraire à la hache sans savoir que ce n’est pas que le kilométrage qui compte. Il faut aussi prendre en compte le dénivelé, le sens du vent, la pluie… .Une vraie science, que dis-je… un art. Et toujours cette satanée hardiesse de canapé, qui me fait avoir les yeux plus gros que le ventre. Tranquillement installé chez moi, une main sur la télécommande de la télé, un verre régulièrement rempli dans l’autre, je me rêve en maître du monde.

Le relief me remet bien vite à ma place.

Cette journée difficile me fait découvrir la roue libre, qui m’offre un repit tout en continuant à avancer.

Je profite des descentes pour gérer mon effort dans la durée.

Et si dans nos vies nous profitions de la roue libre pour nous menager ? Glisser quand c’est facile, s’économiser, se ressourcer pour affronter les côtes.

Je prends conscience, qu’il y a une autre manière de vivre que d’être sans cesse au taquet, à l’attaque.

Après 80 kilomètres dont 25 de forte côte,je bascule au col des loges pour une finish en roue libre totale. 15 kilomètres « gratuits ». C’est jouissif. Aujourd’hui j’ai re découvert le vélo.

Je mets en pratique cette avancée « à la roue libre », le lendemain, lors d’une étape de 105 km qui doit me conduire à Lyon.

Avec la roue libre, j’ai l’impression de chausser des bottes de 7 lieues. C’est fou.

Sur le trajet retour vers Clermont, je me rends compte que plus les kilomètres défilent désormais plus vite, ils sont plus faciles. L’entraînement ?

Premier test réussi !

Mais une petite douleur aux genoux m’amène à devoir programmer un nouvel essai…


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